Un voyage qui va bien.

Publié le par naginata limougeaud



Me voilà partie pour deux mois de naginata à fond les boulettes!!



   Il y a parfois des occasions à ne pas manquer, c'est avec cette idée en tête que je suis partie en compagnie du prez' de NIDF au Japon pour deux mois et demis. Deux mois de naginata pour "se mettre dessus", manger le plus de correction possible même si la digestion s'effectuera au retour.

   Tout cela a donc commencé entre le mois de mai et juin à Nara, le fief de Fukuda sensei. Nous sommes logés dans un youth hostel bien sympathique, où chaque nuit  on peut voir défiler de nouveaux touristes à la recherche des richesses de la ville. Il fait chaud et humide, mais comme on est à fond, hop hop hop avec  les armures dans les différents dojos ou gymnases. Du cours des petites vieilles qui poutrent à celui des collégiennes et lycéennes qui se mettent grave dessus, on arrive à observer des systèmes de cours bien différents. Pour la jeunesse le but de leurs entraînements est le perfectionnement de leur technique, la rapidité, ainsi que toujours plus d'endurance. Une fois le lycée terminé, on leur apprend l'art  d'attaquer au bon moment etc.

    Au début,  on était un peu perdu par ce nouveau rythme, et en particulier pour les consignes, que je n'arrivais pas à comprendre. Mais rapidement nous nous sommes habitués car on y retrouve souvent les même exercices basiques.
Quand on arrive dans un coursde naginata, ce qui frappe en premier c'est leurs dojos, tout en bois, avec à chaque fois un joli stock de naginatas et d'armures, et enfin un ou plusieurs mannequin de naginata.




Ces  mannequins sont particulierement présents dans les écoles et dans les dojos d'université, qui s'entraînent parfois sans professeur.
  C'est dans ces clubs sans professeur que le sempai prend beaucoup d'importance. Ici, un sempai est comme un mini sensei, et on devrait lui faire "onegai shimasu" (corrige moi! corrige moi!!) afin de recevoir des corrections personnelles.
  Nous sommes allés dans deux universités différentes, la très prestigieuse université pour femme de Nara, et celle d'Ise. C'est à travers l'ambiance de ces deux différents keiko que j'ai pu vraiment ressentir le poids d'un sempai. Dans celui d'Ise, les deux sempai étaient très sérieux, timides, et pas vraiment sur la déconnade!
  Et à Nara, on a été en contacte avec des sempai à l'aise, souriantes, accueillantes. Ce qui a produit deux atmosphères complètement différentes: dans celui d'Ise on pouvait sentir la compétition entre les pratiquants, et que chacun devait se donner à fond pour arriver à un haut niveau. Les filles de Nara s'entraînent aussi avec énergie, et rigolent, on sentaient vraiment qu'elles kiffaient la vibe!
Dans les entraînements de"club" à Nara, il y avait au contraire trois quatre voir cinq professeurs, dont deux kyoshi , quelques renshi, mais pour au minimum trente élèves. Tous ces professeurs ont été adorables avec nous, essayant de nous en donner le plus possible. Même la petite vielle sensei de tendo ryu est venue me faire un petit cours personnel en m'enseignant des bases dans ce koryu.

En résumé on a mangé grave! Car ici tout ce qui a deux pattes, bougent vite, avancent beaucoup, en engi ou ji geiko. Même les championnes écoles primaires en engi nous écrasent de loin (pas beaucoup de seme, mais un niveau technique impressionnant, un naturel énervant). Niveau combat, on peut se débrouiller avec les lycéennes car la strategie c'est pas leur fort, à l'université c'est dur, mais on est pas ridicule. Mais par contre dès que ça sort de l'IBU c'est presque intouchable. Arf touchable, si ça l'est, mais le problème c'est que ça vous marque avant!

   A l'Ibu l'atmosphère est différente, peut-être par ce que les entraînements se font en petit comité (environ 15personnes).
Ce qui est bien pratique c'est le rythme: un entraînement de club (le bukatsu, dirigé par les sempais) tous les jours.  Plus un cours pour approfondir le travail en armure avec Ebisawa sensei, et un autre pour travailler la technique, et les kata avec Kimura sensei. A cela se rajoute un cours bien sympathique sur la respiration (hojo kata).
 Ces deux cours de naginata sont bien sympathiques, variés et remplis d'astuces et de corrections ultimes. Un juste équilibre entre le perfectionnement de la technique et l'apprentissage des valeurs que requiert un budo.  Pour simplifier: poutre le mardi, et kata 'n co le vendredi. On travaille le tout pendant le bukatsu. 
Voici une petite illustration d'un cour à la Ebisawa sensei. Apprendre à se propulser comme si on était en pente.

 

Cette petite colline est encore maintenant en face de moi. Prochain et dernier épisode dans deux semaines: Le sabre et la mousse.

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U
Très bon début de récit, on attend la suite des aventures de cette jeune beauté si bien photographiée.<br /> (non je ne parle pas des uchikomidai à 3 pattes)
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